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Restauration du carillon après 70 ans de bons et loyaux services

Le carillon de Wavre fait peau neuve

En 1954, 49 cloches étaient installées, en grandes pompes, dans la tour de l’église Saint-Jean-Baptiste de Wavre. Bien qu’une cinquantième les ait rejointes en 2003, aucun travaux d’importance n’avaient été fait en presque 70 ans sur le carillon et des signes d’usure commençaient à mettre son bon fonctionnement en péril… et un ange est arrivé. 

La restauration du carillon :

un rêve devenu réalité

 

C’est par le Président de la Fabrique d’église, François Verkaeren, que la restauration du carillon du carillon a été initiée. Il était fier de dire que son premier dossier, en tant que Président de Fabrique, c’était l’installation de la cloche Alberte en 2003 et que son dernier dossier serait la restauration du carillon, vingt ans plus tard. 

C’est donc piloté par ses soins, avec la collaboration de la Ville de Wavre et de VisitWavre, qu’un groupe de travail ad hoc s’est constitué au printemps 2022. Face à l’ampleur du chantier, le groupe a décidé de faire appel à un expert en la matière, sélectionné suite à un appel d’offre : Koen Van Assche. Monsieur Van Assche est carillonneur des villes d’Anvers, Lier et Herentals, professeur à la réputée Ecole Royale de Carillon de Malines « Jef Denyn » et à Lier, président de la Fédération Mondiale du carillon et a suivi notamment la restauration du carillon d’Anvers, du carillon Busleyden à Malines, d’Herentals, ainsi que la conception et réalisation du Bronzen Piano dont il est propriétaire, ainsi que de l’instrument de chambre de l’Ecole de Carillon de Malines. Pour le dire en un mot comme en cent : une pointure. 

 

Un chantier express et pourtant minutieux

 

Le défi était de taille puisque la ville de Wavre avait besoin que son carillon soit pleinement fonctionnel en mai 2023, pour participer au Jeu de Jean et Alice. 

Après sélection du consultant, il a d’abord fallu passer par une phase administrative : rédaction du cahier des charges et du dossier administratif, lancement des offres, sélection du campaniste. Elle peut paraître la partie la plus « simple » et la plus fastidieuse, mais c’est aussi la plus déterminante : c’est la partie où il faut que les rêves deviennent des données chiffrées ! 

Ensuite, place au chantier, qui s’est déroulé en 4 phases :

  • Le démontage, début septembre 2022. Le dernier concert a été en l’hommage de Christian Boon, carillonneur de Wavre de 1997 à 2012, décédé 10 ans plus tôt. En moins d’une semaine, toute la structure a été démantelée et les cloches déposées. Seules certaines sont parties en atelier, avec des battants, pour analyse. Chance : c’est la firme Eijsbouts qui a hérité des archives de la fonderie Michiels, qui a fait le carillon original. 

  • Le travail en atelier : on pense bien sûr à la confection des différentes pièces (clavier, tringlerie, battants et structure de portage des cloches) mais il y a d’abord un épineux travail de réflexion et de modélisation, optimisé aujourd’hui grâce à l’outil informatique. On n’imagine pas mais, par exemple, l’emplacement de certains marteaux dans les grosses cloches a dû être calculé au millimètre ! 

  • L’installation, en décembre 2022. Elle a commencé par un jour mémorable, le « jour de la grue », le 5 décembre 2022 : pour minimiser les coûts et les dérangements occasionnés par le chantier, la grue n’est présente qu’une journée. Or, il faut évacuer tous les anciens éléments de la tour et monter tous les nouveaux, en pièces détachées. C’est une petite fenêtre sur le côté de la tour, à l’étage de la cabine, qui a été employée pour ce faire et la circulation dans la tour a pu se faire grâce à des trappes, présentes dans les planchers à tous les étages. Même la pluie, la neige et le brouillard n’ont pas empêché l’équipe d’Eijsbouts de mener à bien cet ambitieux projet, grâce à une organisation orchestrée de main de maître ! Chapeau bas à Henk Van Blooijs, Jaap Leyten et Redmar Willems. S’en sont suivies 3 semaines de montage. 

  • Enfin, entre fin décembre 2022 et début février 2022, la dernière phase était celle des tests et des réglages. Pour que chaque cloche sonne au mieux mais aussi que l’ensemble soit harmonieux, que le clavier soit souple mais permette un maximum d’expression… un casse-tête de subtilités techniques et de décisions délicates, pour lequel l’aide d’un consultant et la collaboration patiente de l’équipe d’Eijsbouts étaient éminemment précieuses ! Le chantier s’est enfin clôturé le 9 février 2023, après réception officielle des travaux avec les autorités de l’église et de la Ville. 

Concrètement, qu’est-ce qui a changé ? 

 

J’ai coutume de répondre (à l’emporte-pièce) « tout, sauf les cloches ». Jugez plutôt : 

  • Côté grosses cloches, tous les marteaux ont été changés, ainsi que la tringlerie. Les battants les plus durs et les plus usés ont également été remplacés par des battants en fonte, conçus pour s’user sans abîmer les cloches et leur donner un son plus doux. La conception de la tringlerie a été particulièrement compliquée, à cause du déplacement du clavier et de la distance entre le clavier et ces cloches. Une autre difficulté était qu’elles sont placées derrière des vitrages et donc que leur son est moins « direct » que celui des petites cloches, placées derrière des abat-sons. 

  • Côté cabine de la carillonneuse, un clavier flambant neuf est venu remplacer l’ancien, déformé par l’usage et les infiltrations d’eau. Ce dernier est conservé en exposition. Le nouveau clavier a été installé au fond de la cabine, et non plus à l’entrée comme l’était l’ancien, pour permettre un accueil plus confortable des visiteurs et des élèves. Un système pneumatique s’est substitué au système de ritournelle par marteaux électro-tinteurs. C’est certainement un plus pour les cloches, dont certaines étaient abîmées par les marteaux ; l’avenir nous dira si le clavier résiste dans le temps à cette utilisation intensive. Pour l’esthétique, le clavier a été orné de deux motifs dorés, représentants la feuille de nénuphar, symbole de Wavre. 

  • Côté petites cloches, les battants ont été remplacés, la tringlerie complètement changée, ainsi que la structure de soutien. Mais plus encore : la disposition des cloches a été complètement revue. En effet, l’ancien carillon de Wavre était très audible derrière l’église, mais très peu devant, où se trouvent le marché et le cœur de ville. Nous avons donc fait le pari audacieux d’installer les cloches autrement, afin que le carillon soit audible en ville. Cela place également les cloches plus près du clavier, ce qui facilite le jeu et soulage la transmission.

 

 

 

Inaugurer le carillon restauré : un évènement à la hauteur du chantier !

Notre inspiration était l’inauguration du carillon original, à Pâques 1954, qui a combiné une célébration religieuse, un concert officiel à 4 mains et un petit spectacle folklorique, écrit pour l’occasion, intitulé « Le Jeu de Jean et Alice ». 

Le carillon ayant été constitué grâce à une souscription, nous avons souhaité faire une « avant-première », le 1er avril, à destination des parrains et marraines des cloches ainsi que leurs descendants et ayant-droits. Une petite cérémonie a été organisée, durant laquelle des diplômes ont été remis, attestant du lien entre les cloches et ces familles. Des visites guidées du carillon étaient également proposées. Outre l’afflux inattendu, nous avons été touchés de l’émotion manifeste des participants, trop heureux de pouvoir « jouer » et faire entendre « la cloche de la grand-mère » aux générations suivantes. 

L’inauguration officielle a, elle, eu lieu les 15 et 16 avril. Deux concerts étaient prévus : 

  •  Le samedi 15 avril à 11h, avec Koen Cosaert, carillonneur de Courtrai, Roulers et Harelbeke et directeur de l’Ecole Royale de Carillon de Malines et moi-même, carillonneuse de Wavre. Nous avons souhaité faire écho au concert inaugural qui avait été joué par le fraîchement nommé carillonneur de Wavre, Albert Boon, et son professeur, directeur de l’Ecole Royale de carillon de Malines, Staf Nees. Des compositions de ces deux carillonneurs ont été jouées, et nous avons gardé l’esprit du programme de l’époque, remis au goût du jour (les chansons traditionnelles ayant cédé la place au jazz, à la pop et au rock). 

  • Le dimanche 16 avril à 18h, un concert festif était proposé, combinant le carillon sous les doigts des élèves de la classe de carillon de Wavre et moi-même, avec la chorale La Poutre, dirigée par Philippe Lambert. La Poutre constitue le noyau dur de la chorale du Jeu de Jean et Alice, dont Philippe Lambert est le chef d’orchestre. 

  • Une bénédiction du carillon a également été faite le 16 avril par le Doyen André Sarota et le carillon a participé à l’office aux côtés de la chorale paroissiale dirigée par Céline Goffin et de l’orgue dans les mains de Geert Vroomans. 

  • VisitWavre proposait également une balade dans Wavre intitulée « des cloches au pied » qui mettait en valeur le paysage sonore wavrien. 

  • Enfin, des visites guidées de la tour et du carillon restaurés ont été organisées tout le week-end, grâce aux dynamiques guides bénévoles du Comité du carillon et aux élèves. C’est près de 150 personnes qui ont ainsi été accueillies ! Une visite spéciale était réservée aux enfants de la catéchèse.

  • Le dernier volet de l’inauguration sera la prochaine représentation du Jeu de Jean et Alice, qui aura lieu du 17 au 21 mai 2023. Cette édition un peu spéciale, pour célébrer les 800 ans de la Charte des Libertés de Wavre, est mise en scène par Luc Petit.

 

Après ces mois de chantier, cela ressemble à une page qui se tourne, mais je crois que c’est surtout le début d’une nouvelle ère pour le carillon de Wavre, et j’espère que vous en ferez partie ! 

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